Fétichisme des jambes : la limite éthique du fétichisme

Fétichisme des jambes : la limite éthique du fétichisme

C’est encore l’hiver. Il fait déjà nuit, mais il est encore assez tôt pour aller faire un tour dehors. Je farfouille dans les vieilles fringues de ma mère, et là, je tombe sur cette jupe mi-longue en cuir, fendue à l’avant, jusqu’au milieu de l’entre-jambe. Hop, un collant imitant de ravissants bas, puis j’enfile cette vieille jupe ! Me voilà fin prête pour me balader en ville.

Comme une envie de m’hexiber

Chacun de mes pas, laissent entrevoir mes jambes, ainsi que le haut de mes cuisses. Je m’assois dans le tramway, jambes croisées. A la station suivante, un homme, la 50aine passée, dégarni sur le dessus, et pas très séduisant, rentre à son tour dans la rame. Il guette, cherchant un siège libre, puis décide de venir s’asseoir en face de moi. J’irais même jusqu’à dire qu’une pulsion le pousse à s’asseoir en face de moi.

La rame est presque vide, et nous sommes seuls, à nous contempler. Je sens ses yeux se poser plus précisément sur mes jambes. Quelque chose dans son regard est étrange, j’y sens une tension effroyable, et le malaise ne tarde pas à m’envahir. Il fini par trouver le courage de m’aborder, en prétextant un renseignement. Je n’y crois pas une seconde, mais je le laisse continuer la conversation, lors de laquelle, ses yeux se fixent de plus en plus sur cette partie découverte de mon corps. Je sens des changements qui s’opèrent en lui , comme si l’homme laissait place à une bête incontrôlable, cherchant à se délecter d’une saveur défendue. Ca y’est, il se lance, il invente un pipo qui devrait l’autoriser à photographier mes jambes. L’homme comprend vite que je ne suis pas naïve, et se décide enfin à me dire la vérité, celle qui le met dans un tel état physique. Il se trouve être un fétichiste des jambes, et de tout ce qui peut les sublimer,ainsi que du cuir.

A la rencontre d’un fétichiste des jambes

Plus il se livre à moi, plus je sens son état empirer : à présent, des sueurs froides lui coulent le long du front. Du fait que je refuse une telle chose concernant mes jambes, me sentant si gênée, sa demande se transforme en supplication. Accepter, serait apparemment l’unique moyen d’assouvir sa pulsion. Son attitude est de plus en plus démesurée, cela me sidère même, mais étrangement, ne me fait point peur. Pourtant, un psychopathe en pleine crise névrosée, n’aurait pas été dans un meilleur état.

Après diverses questions de sa part, concernant la position de mes jambes, le port de mon collant, ainsi que d’autres détails, et semblant être au bord de la crise d’angoisse, voire de l’évanouissement, il en vient à me proposer de l’argent. 200 euros, c’était le montant qu’il se proposait d’aller retirer au guichet, juste pour que je lui laisse le droit d’entrevoir un peu plus mes jambes. Il n’était même plus question de photographie.

La perte de contrôle devant le fétiche

La question prenait à présent un tout autre sens dans ma tête. Accepter ce deal, moi qui en plus était dans le besoin, ferait-il de moi quelqu’un de vénale, pire, ferait-il de moi une prostituée ? Pourtant il n’était ici, nul question de sexe. Mais ma morale et mes valeurs, se sentaient soudainement perdues. Je commençais en fin de compte par accepter, puis, sortant du tramway, la culpabilité commençait à me ronger. Était-ce si malhonnête de faire payer un homme, quelqu’en soit la somme, pour lui apporter un plaisir que quiconque pouvait lui donner, sans le savoir, rien qu’en marchant dans la rue, dans une tenue qui s’y prêtait ? Après tant de questionnements dans ma tête, je finis par déguerpir de honte.

La semaine d’après, je remis la même jupe, et une histoire quasi similaire m’arriva, mais avec un autre homme.

Plus (ou moins) sage : connaître le fétichisme et son emprise

A cette époque, je ne connaissais rien au monde du fétichisme. Aujourd’hui, si la situation devait se reproduire, je ne saurais toujours pas comment réagir, car étant moi-même fétichiste, je sais que ma vision en serait altérée. Mais dans certains cas, et certains contextes, je ne puis délaisser ma morale, ni mes valeurs.

Je sais également qu’il est pratique courante aux dominas, de faire payer leur soumis. Et cela ne me pose aucun problème, parfois, j’y vois même quelque chose de légitime. Peut-être était-ce après tout, qu’une question de contexte et de déroulement.

  • Quel rapport mettez-vous entre le fétichisme et l’argent ?
  • Cela vous est-il déjà arrivé ? Ou si c’était le cas, comment vous placeriez-vous ?
  • (Faire) payer des pratiques fétichistes, cela vous apporte-t-il plus d’intensité dans votre rôle de D/s ?
  • Enfin, si vos pratiques fétichistes devaient engendrer des pratiques sexuelles, reconsidéreriez-vous la question de l’argent ?
  • Que pensez-vous du comportement de cet homme?

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