Les amours littéraires lesbiens

Les amours littéraires lesbiens

Par le plus grand des hasards, il m’est arrivé plusieurs fois ces derniers mois, de tomber à la bibliothèque – sans qu’il n’existe de rayons spécifiques, vestiges d’une ville communiste – sur quelques ouvrages excessivement bien écrits, retraçant de très jolies histoires sentimentales entre filles.

Quelques délicieux récits de liaisons entre femmes

Je ne souhaite pas vous en faire tout un catalogue, passons les romans d’Amélie Nothomb dans lesquelles sont récurrentes l’ambiguïté des amitiés féminines tout autant que les morts par noyade (faut-il s’empêcher d’imaginer un rapprochement ?)…

Le plus marquant est pour moi Le Puits de Solitude de Marguerite Radclyffe Hall, qui vous arrache le cœur à base de vouvoiement respectueux, d’une retenue déchirante et d’un contexte XVIIème siècle qui veut considérer les relations homosexuelles comme des perversions de la nature.

C’est l’histoire d’une petite fille, Stephen, qui très tôt se prend pour un petit garçon et se construit par identification à son père. Sa vie n’est faite que d’équitation, escrime, littérature et réflexion. Elle ne se pose pas de questions d’attirances ou de préférences, elle se lie d’amitié aux hommes et préfère leur compagnie mais ponctuellement les femmes la touchent d’une manière telle qu’elle ne peut l’ignorer.

La description de ce sentiment de différence/cette psychologie féminine inexpliquée, à une époque où une certaine naïvement prédominait dans les rapports amoureux, où la notion d’orientation sexuelle n’était influencée par aucun effet de mode, est tout simplement fascinante (et déstabilisante).

Une perle lesbienne pour la fin

Pour n’en citer qu’une dernière : L’inceste de Christine Angot

« J‘ai été homosexuelle pendant trois mois. Plus exactement, trois mois, j‘ai cru que j‘y étais condamnée. J’étais réellement atteinte, je ne me faisais pas d’illusions. Le test s’avérait positif. J’étais devenue attachée. Pas les premières fois. A force de regards. J’amorçais un processus, de faillite. Dans lequel je ne me reconnaissais pas. Ce n’était plus mon histoire. Ce n’était pas moi. Dès que je la voyais, le test donnait pourtant pareil. J’ai été homosexuelle, dès que je la voyais. Les choses redevenaient moi-même après. Quand elle disparaissait. D’autres fois, même en sa présence je redevenais moi-même, ma fille me manquait tellement, au cours de voyages, d’absences un peu longues, trois-quatre jours. L’impression de trahir la seule que j’aime vraiment. A qui j’ai dédié tous mes livres. Impossible d’écrire. Quand on n’est pas soi-même. Ma sexualité s’en ressentait. Vers le début j’étais insatisfaite. Puis. Je ne l’étais plus. Je l’étais de moins en moins. Sauf une chose (j’en parlerai après), que je n’ai jamais faite avec plaisir. Concrète, qui implique tout le reste. Sauf une fois, je m’en souviens. Je ne le faisais pour ainsi dire jamais. J’étais devenue homosexuelle à cent pour cent à part ça. Apparemment. Dès que je la voyais. A ce détail près. »

L’inceste, Christine Angot

Si évidemment vous avez d’autres références je suis preneuse.

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